FEMME à la UNE: SANDRINE ROLAND, la dynamique

Article : FEMME à la UNE: SANDRINE ROLAND, la dynamique
12 janvier 2020

FEMME à la UNE: SANDRINE ROLAND, la dynamique

Un dicton nous dit ceci : « derrière un grand homme se cache une femme de feu » certaines femmes souhaitent que l’on dise plutôt, « auprès d’un grand homme se trouve une grande femme ou une femme d’honneur ». Pour ma part, peu importe la formulation, la finalité c’est de dire que la femme est le socle de la famille. Elle est celle qui porte le couple. L’homme et la femme doivent être des partenaires de vie, des associés. Trouvez la bonne personne pour atteindre vos objectifs et vous aurez la vie que vous désirez. Choisir son compagnon et faire de ce dernier, un associé est le challenge que notre Tchewôlô à l’honneur a réussi.

Femme, dynamique, battante, intelligente et charismatique. Scientifique puis diplômée en communication, celle que nous allons vous présenter est chef d’entreprise d’une grande agence de communication africaine AOS AFRICA, elle est maman de 03 magnifiques boudchoux. 

Notre Tchewôlô du mois de Janvier Mme Sandrine ROLAND

TCHEWOLO : Sandrine ROLAND, Merci de nous consacrer un peu de votre temps.

Sandrine ROLAND : Je vous en prie, c’est un honneur et un plaisir.

TCHEWOLO : Nous commençons toujours nos échanges par cette question : comment définissez-vous la femme ?

Sandrine ROLAND : Pour moi, la femme est un véritable don que Dieu a fait à l’humanité. Il me plaît de la définir comme l’éminente poète Maya Angelou le fait à travers « Phenomenal Woman / Femme phénoménale » dont je vous partage quelques extraits :

Femme phénoménale

Les jolies femmes se demandent quel est mon secret…

Je dis,

C’est dans la portée de mes bras, la largeur de mes hanches,

La foulée de mon pas, la courbe de mes lèvres.

Je suis une femme,

Phénoménalement.

Je dis,

C’est la flamme dans mes yeux, et l’éclat de mes dents,

Le balancement de ma taille et la joie dans mes pieds.

Je suis une femme,

Phénoménalement.

Les hommes eux-mêmes se demandent ce qu’ils voient en moi.

Ils font tant et tant, mais ils ne peuvent toucher

Le mystère qui m’habite.

Je dis,

C’est dans la cambrure de mon dos, le soleil de mon sourire,

Le tour de mes seins, la grâce de mon style.

Maintenant vous voyez bien pourquoi je ne courbe pas la tête.

Je n’ai pas à crier, cabrioler ou parler fort.

Quand vous me voyez passer, vous pouvez être fières.

Parce que je suis une femme

Phénoménalement.

Une femme phénoménale,

C’est moi.

TCHEWOLO : Si vous devez vous définir en 3 hashtags, qu’est ce qu’on aura ?

Sandrine ROLAND :

#Christ

#Famille

#Travail

TCHEWOLO : Pensez-vous que la femme africaine peut être autonome ? Pourquoi ?

Sandrine ROLAND :La femme africaine est par essence AUTONOME, résiliente, créative et travailleuse. Selon TV5 Monde, avec 27 % d’entrepreneures, l’Afrique détenait, en 2018, le record du monde de l’entrepreneuriat féminin. Les épreuves, mêmes incapacitantes ne l’arrêtent pas. Les injustices et les inégalités ne l’arrêtent pas. La maternité ne l’arrête pas. Je l’admire et je la respecte énormément.

TCHEWOLO : Racontez-nous comment tout a commencé avec votre entreprise Alpha Oméga Service Afrique (A.O.S)?

Sandrine ROLAND: L’histoire est longue, mais on va faire court.

Partant d’un projet d’étude sur lequel j’ai travaillé à l’université avec celui qui est aujourd’hui mon conjoint, nous avons bâti petit à petit cette agence intégrée de communication et marketing à l’ADN résolument africain. Nous avons très tôt compris, à travers nos expériences professionnelles et entrepreneuriales, que nous voulions révéler le potentiel et le talent de la jeunesse de notre continent, et rivaliser avec les plus grandes multinationales du domaine, et c’est ce que nous avons fait. Nous avons aujourd’hui une entreprise qui a, en cumulé, 20 années d’existence et de résilience. https://www.facebook.com/AOSAFRICA/

TCHEWOLO : Toutes nos félicitations. Comment on arrive à travailler avec son époux ?

M et Mme ROLAND lors de la cérémonie de remise de prix aux meilleurs Label Africain

Sandrine ROLAND : Ce n’est pas très compliqué surtout quand on est, à la base, d’abord des amis. Je ne suis pas en train de dire que c’est un long fleuve tranquille, mais nous avons défini des règles qui nous aident :

  1. Faire la part des choses
  2. Préserver la famille et les enfants en fixant des limites fermes
  3. Apprendre continuellement et renforcer nos capacités en permanence

TCHEWOLO : A quel moment arrive les enfants et comment vous gérez ?

Sandrine ROLAND: Les enfants sont arrivés par la grâce de Dieu durant ce parcours. Même si nous avons attendu un peu, nous sommes vraiment bénis d’avoir 3 enfants aujourd’hui, nous sommes conscients de ce que c’est par pure grâce. La meilleure formule pour « gérer », c’est de savoir déléguer. Mettre autour de soi un système de relais et d’aide, comme les nounous et leur faire confiance, est une des choses les plus importantes. J’ai décidé dès le départ de faire pleinement confiance à mes nounous et de les mettre à l’aise. Il faut aussi inculquer une certaine autonomie à vos enfants. Communiquer avec eux et leur donner l’espace pour s’exprimer est primordial. Leur apprendre à exécuter toutes les tâches ménagères et les encourager à affirmer très tôt leur personnalité, dans le respect bien sûr.

TCHEWOLO : Effectivement. Vous avez instauré un évènement dédié aux femmes et filles dénommé le FEEF. Parlez-nous de cet évènement ?

Sandrine ROLAND : Le FEEF, c’est une histoire à la fois personnelle et de plusieurs personnes. Dès ma vie estudiantine, j’ai été fortement touchée par la situation des femmes à travers le monde, et particulièrement dans mon pays natal.

le logo du FEEF

J’ai toujours voulu faire quelque chose pour aider, encourager, stimuler les femmes. A l’occasion de la crise traversée par la Côte d’Ivoire en 2010-2011, cette idée, presque comme une vocation, s’est furieusement réveillée. Mon conjoint et associé m’a encouragée en ce sens. C’est ainsi que le concept d’un Forum de l’Emploi et de l’Entrepreneuriat Féminin est né. Nous avons pris 3 ans pour le préparer et la première édition s’est tenue en Mars 2014.

Mon rêve à travers le FEEF est :

  • Que les mentalités en Côte d’Ivoire, et aussi en Afrique, changent afin que les femmes ne luttent plus pour trouver leur place.
  • Que toutes les femmes dépassent leurs freins et ceux imposés par la culture et la société afin de se surpasser.
  • Que les femmes s’aventurent également en créant dans tous les secteurs d’activités même ceux dits traditionnellement réservés aux hommes.
  • Qu’hommes et femmes puissent concilier ensemble vie professionnelle et vie personnelle.
  • Que les femmes chefs d’entreprise épaulent leurs consœurs porteuses de projets.

Aujourd’hui, c’est avec gratitude que nous pouvons dire que près de 15 000 femmes ont été formées, entièrement gratuitement, qu’une trentaine d’entreprises a été créée et que des centaines de parcours ont été réorientés pour une vie plus épanouissante. https://www.facebook.com/ForumFEEF/

Nous avons débuté au Burkina Faso l’an dernier et l’aventure du FEEF ne fait que commencer.

TCHEWOLO : J’ai toujours de l’admiration devant des femmes comme vous que l’Afrique a la chance d’avoir. Je suppose que vos journées ne sont pas monotones avec toutes ces casquettes. C’est quoi une journée de type pour vous ?

Sandrine ROLAND : Je me lève entre 4h30 et 5h30, et je commence toujours par la prière. Mes journées sont en général chargées. Je m’astreins à être avec mes enfants le matin avant le départ à l’école, quand je ne pars pas avec eux, ou alors à faire le trajet avec eux, ce qui nous permet de passer 45 minutes privilégiées ensemble. Je bloque mes samedis pour eux, sauf exception « très exceptionnelle » ou si je suis en mission. Ensuite je travaille, sans arrêt de 8h à 19h. Puis je rentre à la maison, moments de qualité avec mon époux et les enfants. Les dimanches, c’est bien sûr d’abord l’église en famille, puis je me concentre sur mon époux et les enfants, ainsi que sur les activités et visites familiales. En général je cuisine, car c’est pour moi une passion à laquelle je n’ai pas encore assez de temps à consacrer. J’espère pouvoir le faire plus à l’avenir. Voilà. Couchée en général tôt, sauf lorsque le travail l’exige, et là ce sont les nuits blanches devant l’ordinateur. Heureusement que j’adore mon travail !

TCHEWOLO : « Choisissez un travail que vous aimez et vous n’aurez pas à travailler un seul jour de votre vie » dixit CONFUCIUS. Nous sommes à la fin de notre entretien, votre conseil pour les mamans qui hésitent à entreprendre à cause des enfants ?

Sandrine ROLAND: Je peux comprendre celles qui seraient hésitantes, car on a envie de tout donner à ses enfants, sans concession. Mais pour celles qui ont le profond désir d’entreprendre, les enfants sont plus un moteur qu’un frein. Pour ma part, j’ai toujours montré à mes enfants ce que je faisais. D’une part pour qu’ils comprennent et d’autre part pour qu’ils ne nourrissent pas de ressentiment vis-à-vis de cette activité si prenante. Nous les associons même parfois à nos activités. Ils se sentent encore plus importants et ils savent que ce que nous faisons, c’est pour eux. Tous mes encouragements aux MAMANSPRENEURES.

Merci à Mme ROLAND pour sa disponibilité, vous pouvez revoir cette interview sur la page facebook de l’émission « Les Maternelles d’Afrique » sur TV5 Afrique. https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=2464212886996245&id=1644193142331561

Tchewôlô, femmes noires, femmes du monde, parlons d’elles !

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