Ils m’ont fait aimer le Foot !
Depuis enfant, le football a une place spéciale dans ma vie. Je l’ai regardé, y ai joué et partage aujourd’hui d’innombrables souvenirs avec mon entourage, et notamment ma famille. De mon père, qui est la raison pour laquelle j’ai été plongé dans ce monde-là, à Didier Drogba, mon footballeur préféré, ils sont plusieurs à m’avoir fait aimer le foot !
12 juillet 1998, c’était à un jour de l’anniversaire de mon père, le 13 Juillet, et la France jouait la finale du mondial face aux Brésil. Mon père, feu Sidiki Traore (qu’il repose en paix), était un fan de foot, il y jouait d’ailleurs. On y reviendra dans les lignes qui vont suivre. Papa supportait le Brésil. Fan du Roi pélé, il jurait que par le foot brésilien et une victoire du Brésil serait un beau cadeau d’anniversaire pour lui, c’est sûr. Mais à la fin du match, victoire de la France. C’est l’une des rares fois où j’ai vu pour la première fois papa en colère. Je n’avais que 7 ans. Papa est mon premier lien avec le foot, il est mon footballeur préféré même si je ne l’ai jamais vu jouer. Il m’a fait aimer ce sport.
Le football et ma famille, une grande histoire
J’ai entendu pas mal d’histoire sur lui. Des anecdotes incroyables sur ses prouesses. Il était gardien de but. Il a commencé à Sassandra (Niapidou), ville située au sud de la Côte d’Ivoire, ensuite il est allé à Gagnoa, une autre ville du sud-ouest du pays avant de finir sa jeune carrière à Bouaké, la 3e ville du pays situé au centre. On le Surnommait « POYO ». J’ai vu l’amour de papa pour le foot, alors, j’ai été contaminée. On suivait souvent les matchs ensemble. J’ai hérité de son amour pour ce sport mais j’ai choisi de ne pas toujours le suivre dans ses choix d’équipe. Exemple : Il était un supporter de deux clubs du pays, le Stade d’Abidjan (les bleus et rouges) et l’Africa Sport d’Abidjan (les Aiglons en vert et rouge) et ils avaient pour rival l’équipe de l’ASEC Mimosas, meilleur club du pays (je ne discute pas haha). Mon frère et moi étions pour les mimosas et suivre les matchs à la maison donnait du piment et beaucoup d’intensité, c’était magique. A la maison, les couleurs que maman utilisaient pour le crochet, faire les nappes, c’était les couleurs Bleu, vert et rouge. Papa était le maître des parades, avec sa taille et sa forme, il impressionnait à chaque sortie. Je crois que c’est après une parade exécutée qui l’a conduit à l’hôpital qu’il a arrêté le foot définitivement. J’ai pas toutes les photos surtout celle de la parade qu’on retrouve plus depuis leur décès. Mais il y a celles-ci qu’on a gardé dans nos téléphones. Mon frère aussi était gardien de but, mais une blessure au genou à stopper sa carrière. Il a mis en place un centre de formation à Treichville, une commune de la ville d’Abidjan.


Didier Drogba : mon idole, mon exemple
Dans le développement de mon amour pour le foot, je fais la découverte de l’homme qui pour moi est inégalable, je discute rarement sur ses performances car on ne peut me faire douter sur ses capacités techniques et autre. Cet homme m’a fait passer par toutes les émotions possibles. La première fois que je l’ai vu, je revenais de l’école et il venait à Bouaké nous présenter son trophée ballon d’or Africain, c’était en 2006. Son arrivée était prévue pour 10h et il avait été demandé de libérer les élèves pour l’accueillir, notre prof d’histoire et géographie ayant refusé, nous avons fait le cours jusqu’à 12h croyant que j’avais raté son passage sur le boulevard principal, j’étais peiné. Je pleurais presque. Mais Dieu sachant, nous avons marché pour rejoindre l’autoroute et nous sommes tombés sur le cortège de l’homme. J’ai perdu connaissance dès que je l’ai vu. mais je l’ai vu, une fois à la maison, maman m’attendait, elle m’a juste regardé et à dit : « Alors ? » Et j’ai répondu : « Je l’ai vu maman, il était arrêté devant moi, je l’ai vu ». Ensuite, en vacances à Abidjan, mon petit papa m’a emmené au stade suivre un de ses matchs.

Didier Drogba c’est son nom. Dahizoko et Tito sont ses surnoms. J’ai ensuite commencé à jouer au football. On m’appelait Drogba, je jouais en défense avant de passer en attaque. On a fait pas mal de tournois féminin à Bouaké Dar Es Salam Sagabo avec une tante, Rokia Kouyaté, dit Pitchou, mais j’ai arrêté car maman avait peur que je devienne un garçon manqué. Papa aimait bien Eto’o vu qu’il aimait le foot camerounais, mais je ne discutais jamais sur la performance de ces deux joueurs. On n’allait jamais être d’accord. J’ai toujours dit que celui qui me fait ressentir des choses en jouant serait le meilleur, et donc c’était Drogba. Sa puissance, ses gestes techniques dont lui seul avait le secret, comment il arrivait à mettre en péril une défense ou un défenseur, comment il savait utiliser son corps etc. Moins de polémique, une vie rangée malgré le fait qu’il soit connu. Il a su forcer le respect partout où il est passé. Tu peux ne pas l’aimer, mais tu dois le respecter.

Ils m’ont fait aimer le foot, mon père Sidiki Traore et Didier Drogba. Ils étaient des fonceurs et avaient la rage de vaincre. Ils détestaient les défaites. Ils sont et resteront mes idoles.
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