2 octobre 2024

FEMME A LA UNE : RITA AMBEU, La dynamique

« IL FAUT UNE MEILLEURE INCLUSUON DES FEMMES DANS LE PROCESSUS DE CREATION D’UN FILM »

Les femmes dans le cinéma en Afrique jouent un rôle crucial, tant devant que derrière la caméra. Leur contribution est essentielle pour raconter des histoires authentiques et diversifiées qui reflètent les réalités sociales, culturelles et politiques du continent. Elles jouent un rôle important dans l’industrie, apportant des perspectives uniques et innovantes. De la production à la réalisation, en passant par l’écriture et la distribution, elles contribuent à diversifier les récits et à promouvoir des histoires atypiques. Les jeunes cinéastes africains apportent une richesse et une diversité fascinantes au paysage cinématographique mondial. Ils explorent des thèmes variés allant de l’identité culturelle à la diaspora, en passant par les défis sociaux et politiques.

Notre tchewôlô à l’honneur est une warriors. Après plusieurs formations dans le domaine de la production audiovisuelle, a réalisé plusieurs court et long métrages mais aussi des séries qui ont participé à des festivals comme le FESPACO en 2017, écran noir au Cameroun, SVAFF aux Etats Unis, Durban Talents en Afrique du sud, Quifilma au Gabon, MAAFF au Rwanda. Elle a vite compris qu’il faut faire partir de cette jeunesse active qui trouve des solutions et qui agit pour la promotion de l’Afrique. Nous sommes allés à la rencontre de RITA AMBEU, jeune réalisatrice et initiatrice du salon du cinéma au féminin.

Initiatrice du Salon du cinéma au féminin

Leblog :  Quels sont les 5 mots qui définissent RITA ?

Rita AMBEU : alors je dirai Détermination, Accomplissement, Bâtisseur oups Bâtisseuse (rire), Leadership et Aimante

Leblog : Comment avez-vous fait votre entrée dans le cinéma ?
Rita AMBEU : c’était en 2014, en Afrique du Sud, j’ai gagné un poste d’assistante de direction dans une maison de production. Mon patron travaillait à ce moment sur un projet de film destiné à Mzansi Magic, et je l’ai accompagné sur le plateau. À l’époque, cela ne me disait pas grand-chose, car je ne comprenais rien et l’envers du décor ne me plaisait pas. Mais des semaines plus tard, on m’a invitée à prévisualiser le film en question. J’ai été complètement éblouie de voir ce beau film, dont la réalisation me semblait bizarre sur le plateau de tournage. J’ai trouvé cela farfelu, car ce que j’avais vu sur le plateau était complètement différent de ce qui était à l’écran. À ce moment précis, je me suis dit : « Voilà ce que je veux faire. Fabriquer des films. »

Leblog : Quelles ont été les plus grandes difficultés que vous avez rencontrées en tant que femme entrepreneure dans le monde du cinéma ?
Rita AMBEU : En 2023, j’ai organisé une activité hors d’Abidjan précisément à Adzopé que j’ai nommé « ADZOPE fait son cinéma https://www.facebook.com/share/fWbiD77ub7MjtFmo/ J’avais tellement confiance en mon projet que je pensais ne rencontrer aucune difficulté et que tout le monde allait adhérer, étant donné que c’était une innovation. Cependant, je m’aventurais sur un nouveau terrain que je ne maîtrisais pas forcément. J’ai effectué plusieurs recherches de financement et j’ai pu obtenir un peu d’aide, mais j’avais seulement réussi à obtenir 5 % de mon budget, et mon équipe et moi avons rencontré beaucoup d’imprévus. Tout le monde voulait que je leur donne de l’argent alors que je n’avais rien. Nous avons eu des promesses, mais jusqu’à deux jours avant l’événement, nous n’avions pas encore reçu les moyens de le lancer. À ce moment-là, mon cœur battait à tout rompre. J’ai passé une nuit blanche, j’ai pleuré toutes les larmes de mon cœur et je me suis demandé pourquoi j’avais décidé de mener ce projet. Après cette nuit de tourments, j’ai pris la décision d’annuler. Alors que je préparais la lettre d’annulation, j’ai reçu un appel pour un financement. Nous étions tellement contents et, finalement, nous avons pu réaliser l’activité, qui a rencontré un grand succès auprès de notre public cible. J’ai appris avec cette expérience que même à la dernière seconde, Dieu peut faire des miracles.

Leblog : effectivement, les miracles existent. Apres cette expérience, quels conseils donneriez-vous à d’autres femmes qui souhaitent se lancer dans le cinéma ou dans l’entrepreneuriat en général ?
Rita AMBEU : Elles doivent être très fortes mentalement, bien entourées et surtout croire en Dieu. Il est essentiel d’être prêtes à faire des sacrifices pour elles-mêmes. Il leur faut également une source de motivation pour ne jamais baisser les bras. Avoir une vision claire de ce que l’on souhaite devenir à court et long terme est primordial. Définir ses objectifs sur papier et travailler dessus étape par étape est crucial. Et surtout, prier et croire en Dieu.

Leblog : nous savons aussi que vous avez créé votre propre société de production. Quels sont les projets sur lesquels vous travaillez actuellement ?
Rita AMBEU : Oui, j’ai une maison de production avec mon mari, Raymond AIKPE. Actuellement, nous avons plusieurs projets de séries, de courts-métrages et de longs-métrages en développement. Nous préparons également des web-émissions. En ce moment, je suis en pré-préparation d’un court-métrage que je vais réaliser avant la fin de l’année avec cinq talentueuses actrices ivoiriennes. Je prépare aussi un long-métrage en collaboration entre Golden Arrows Productions et Karas Accessoires pour 2025.

Leblog : Félicitation et bon vent pour la suite. Mais dites-nous, qu’est-ce que ça fait de travailler avec son mari ?

Rita AMBEU : C’est la rigueur, il veut toujours que je donne le meilleur de moi-même car selon lui, je peux mieux faire. Il est perfectionniste. Il ne veut pas de l’à peu près. Souvent ça me fatigue, je ne comprends pas tout de suite mais après lorsque ça marche, je lui donne raison. C’est mon booster. Il est mon conseiller. C’est un bon partenaire dans tous les sens du terme.

L’affiche de la 4e édition du Salon

Leblog : Parlons du salon du cinéma au féminin. À quel moment avez-vous pensé à cette idée et combien de temps vous a-t-il fallu pour la matérialiser ?
Rita AMBEU : Lorsque je suis arrivée à Abidjan, j’ai remarqué qu’il y avait certaines opportunités auxquelles j’avais accès en Afrique du Sud qui étaient quasiment inexistantes ici. Comme je suis quelqu’un qui n’aime pas se plaindre mais qui préfère proposer des solutions innovantes, je me suis dit : pourquoi ne pas mettre en place une plateforme qui pourrait non seulement m’aider à me créer un réseau, mais aussi créer un impact dans la carrière d’autres jeunes à la recherche des mêmes opportunités que moi ? Je me suis donc lancée, des personnes ont cru au projet et voilà que nous sommes à l’édition 4 du salon. C’est l’une de mes plus grandes fiertés.

Leblog : Il y a vraiment de quoi à être fière. Quelles sont les innovations pour cette 4e édition ?

Rita AMBEU : Nos innovations cette année sont que nous avons une marraine pour le concourt « Le Pitch o’ Féminin » qui est l’appel à projet court métrage fiction et documentaire destiné aux femmes cinéastes originaire ou résidents en Afrique. Ensuite cette édition se déroulera sur deux jours. Vous aurez deux films à voir en exclusivité, qui sont les films des lauréates des concours pitch au féminine. Nous avons ouvert aussi un temps de célébration des femmes du cinéma ivoirien à travers l’AIFCA, qui est l’Association Internationale des Femmes du Cinéma et de l’Audiovisuel. Nous avons donné l’opportunité à plusieurs jeunes d’exprimer leurs talents et de renforcer leurs capacités à travers du bénévolat. Et enfin nous avons aujourd’hui des ambassadrices dans plusieurs pays en Afrique et dans le monde.

Leblog : Comment choisissez-vous les thématiques à chaque édition ?
Rita AMBEU : Nous avons déjà choisi nos thématiques sur 10 éditions, mais chaque année, nous essayons de les améliorer en fonction des besoins qui se présentent. Nous effectuons également des études et des recherches.

Leblog : Êtes-vous satisfaite ? Quelles sont vos attentes ?
Rita AMBEU : Je suis heureuse de porter ce salon avec une équipe de jeunes aussi dynamiques et innovants. Nous souhaitons créer des emplois et donner la possibilité à des jeunes d’accéder à des formations de qualité. Nous souhaitons contribuer au développement du cinéma ivoirien et africains.

Leblog : Comment voyez-vous l’avenir du cinéma ivoirien, et quels changements espérez-vous voir dans l’industrie ?
Rita AMBEU : Je crois fortement en l’ambition de nos autorités pour le cinéma ivoirien, surtout dans la démarche de Madame la Ministre. Je souhaite voir plus de longs-métrages dans les salles de cinéma. J’espère également voir un véritable marché de consommation de films en Côte d’Ivoire.

RITA AMBEU

Leblog : Quel est votre mot d’ordre à l’endroit des femmes africaines ?
Rita AMBEU : Travaillons, croyons en nos capacités.

Leblog : Voilà qui est dit. Merci Rita AMBEU pour cet entretien. Bonne chance pour la suite de vos initiatives. Que le miracle divin continue d’opérer.

Rita AMBEU : Amen ! C’est à vous le merci. Merci de mettre en lumière les femmes africaines.

Tchewôlô, femme noire, femme africaine. Parlons d’elles !

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Commentaires

Mario
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Très beau parcours
Vivement que les femmes s'insèrent plus dans ce domaine de valeur...