« Mes Influenceuses »
Elles font de la culture leur leitmotiv. Elles sont entrepreneures. Elles font partie de cette génération de jeunes femmes africaines qui incarnent une force inouïe de résilience et de créativité, et qui sont pleines d’espoir pour voir l’Afrique renouer avec son passé afin de mieux bâtir son avenir.
Bien qu’elles aient longtemps dû faire face à des défis structurels liés à l’éducation, à l’accès à l’emploi et aux normes sociales restrictives, aujourd’hui, les femmes sont perçues comme des actrices incontournables du changement. En Afrique, ces jeunes femmes ne se contentent pas de revendiquer leur place dans la société, elles redéfinissent les contours de leur avenir.

Pour ce mois de mars, j’ai choisi de vous présenter trois visages avec lesquels je collabore depuis six ans. Elles sont au cœur de l’Ivoire Black History Month (IBHM), https://www.facebook.com/share/1YZjuavGcq/ un événement organisé par des jeunes ivoiriens pour promouvoir et valoriser le patrimoine culturel matériel et immatériel de la Côte d’Ivoire. Mes Tchewôlô du mois sont : Adjouafla Carine BOKO, la techno-fashionista, Djeney DIABY, l’altruiste, et Meriane Allison ADJO, la bibliophile. J’ai essayé de leur attribuer des qualificatifs qui reflètent leur essence. Elles m’ont partagé leurs peurs et leurs victoires. Elles sont jeunes et inspirantes. Dans cet article, nous explorerons leurs expériences, leurs aspirations, leurs luttes quotidiennes, ainsi que leurs contributions essentielles à la transformation du continent.

CARINE BOKO, « Techno-Fashionista »
J’ai choisi ce terme pour elle car il fusionne l’amour de la mode et de la technologie, reflétant une femme qui s’intéresse à l’innovation tout en restant à la pointe des tendances stylistiques. Carine est community manager et chargée de la communication du IBHM. Elle se définit avec cinq hashtags :
#Authentique #Analytique #Créative #Dynamique #Avant-gardiste
« Je suis BOKO ADJOUA-FLA HÉLÈNE CARINE, mais mon prénom préféré reste ADJOUA-FLA, car il me représente parfaitement. Je suis artiste, cheffe de projet et entrepreneure, une véritable boîte à idées. Passionnée par l’organisation d’activités, j’aime imaginer et mettre en place des solutions créatives et significatives. Mon parcours est éclectique, car je crois que chaque expérience est une occasion d’évoluer. Ma mission est d’inspirer, de créer et de partager. C’est ce qui guide mes actions, de la conception de mes projets à mon épanouissement personnel. »

Quelle est ta plus grande victoire en ce moment précis ?
« Pour moi, il n’y a pas de petite ou grande victoire. Chaque accomplissement, qu’il soit visible ou discret, est une victoire à sa manière. Cependant, si je devais citer l’une de mes réalisations dont je suis particulièrement fière, ce serait l’acceptation de mon projet entrepreneurial et la création de ma marque de vêtements B.A-BA. Une marque artisanale qui cherche à allier tradition et modernité, que ce soit à travers ses textiles ou ses créations. Cela me permet de montrer ma vision de l’artisanat, tout en y apportant une touche contemporaine. » https://www.facebook.com/share/18nVXYNeT9/
Ta plus grande peur ?
« En vérité, je n’ai pas de grande peur. La peur, pour moi, est un sentiment qui se surmonte. Je fonctionne avec la philosophie du « Just do it ». Plutôt que de me laisser envahir par des préoccupations ou des regrets, je préfère agir. Cela me permet d’avancer sans me retourner, pour mon propre bien-être et pour celui des autres. Pour moi, il est plus important de passer à l’action et de donner le meilleur de soi-même, sans se laisser freiner. »
Quelle est ta définition de la femme ?
« Pour moi, la femme est un être puissant, capable de réaliser tout ce qu’elle entreprend. J’admire les femmes pour leur capacité à se réinventer, à surmonter les obstacles et à transformer le monde qui les entoure, souvent avec une détermination silencieuse mais profonde. »
Que penses-tu du 8 mars ?
Le 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, est bien plus qu’une simple date. C’est un moment pour célébrer les luttes passées et actuelles des femmes à travers le monde, pour saluer les progrès accomplis en matière d’égalité et pour rendre hommage à toutes celles et ceux qui œuvrent pour un avenir plus juste. Mais cette journée est aussi une occasion de se rappeler que la lutte n’est pas terminée. Si des avancées ont été réalisées, de nombreux défis restent à relever. La lutte contre les violences sexistes et sexuelles etc…
Quel est ton ou tes conseils pour les plus jeunes ?
À la prochaine génération, je veux dire ceci : les limites qui existent sont souvent celles que nous nous imposons. N’ayez pas peur de rêver grand, d’avoir des ambitions audacieuses et de travailler pour les atteindre. Croyez en vous, DIEU et l’univers vous soutiendront dans la réalisation de vos rêves.
Osez, créez et impactez !

DJENEY DIABY, « L’Altruiste »
Je la surnomme « Altruiste » car, bien qu’elle soit « réservée et généreuse », ce terme correspond à une personne qui, malgré sa discrétion, fait preuve d’une grande disponibilité pour soutenir les autres. Djeney, surnommée « L’énergie D’Oshun », est l’élément sur lequel tout le monde peut compter. Elle ne se plaint jamais. Sa fonction au IBHM est assez technique, elle est commissaire aux comptes et gère le volet marketing et la vente des livrets produits par l’équipe. Elle se décrit avec cinq mots :
#Résilience #Abnégation #Timidité #Maternelle #Travailleuse
« Je suis Djéney DIABY, passionnée par tout ce qui touche aux cadeaux, à la déco et à la création… bien que je sois diplômée en communication. J’ai aussi lancé SÍGÍRĒ, une boutique en ligne que j’espère développer pour en faire un point de vente physique. Je suis également engagée dans la préservation de la culture ivoirienne avec IBHM. »
Quelle est ta définition de la femme ?
J’ai beaucoup écrit mais je n’arrive pas à être satisfaite de la réponse. Mais je vais dire ceci : Je crois que la femme est une personne forte, peut-être un peu trop forte d’ailleurs, qui porte une société qui n’est pas taillée pour elle.

Quelle est ta plus grande victoire ?
« SÍGÍRĒ, ma boutique en ligne de vente de Dempé. C’est un projet que j’avais depuis 2017 et que j’ai enfin lancé en 2024. Ce n’est pas ma seule source de revenus, mais je suis fière de voir l’évolution du projet. J’aime recevoir des commandes, échanger avec mes clientes et leur donner des idées de tenues. Je prévois aussi de développer l’aspect bien-être de l’entreprise. J’ai une vision et je compte aller jusqu’au bout. » https://www.facebook.com/share/15vTFXxScj/
Ta plus grande peur ?
« Ne pas pouvoir avoir d’enfants. »
Pourquoi ?
« J’ai des problèmes de santé et avec l’âge qui avance, je commence à m’inquiéter. »
Que penses-tu du 8 Mars ?
Je pense que le 8mars est un jour symbolique pour faire un bilan des avancées de la lutte pour l’égalité des genres et aussi de mettre en lumière les discriminations et autres violences liées aux genres. Il est très important de commémorer les progrès obtenus au fil des luttes menées par les femmes.
Quels conseils pour les plus jeunes ?
Il faut travailler, se former, vivre pour ses idées et se battre pour les réaliser.

ALLISON MERIANE YAVO, « Bibliophile »
J’ai connu Allison en dehors du IBHM, dans un groupe de travail et d’entraide, et c’est après qu’elle nous a rejoints dans l’équipe. Je pourrais lui donner tous les surnoms possibles tant elle est pétillante et intelligente, mais je la qualifie de « Bibliophile », un terme qui désigne une passionnée de littérature, une exploratrice de mondes imaginaires et réels, une chercheuse de savoirs et de perspectives nouvelles. Pour elle, les livres sont une source d’évasion, de réflexion et parfois même une forme de résistance. Voilà pourquoi je l’appelle affectueusement « ma CP Intello ». Au IBHM, Allison est l’adjointe du trésorier. Elle se définit avec ces cinq mots :
#Croyante #Loyale #Résiliente #Engagée #Ambitieuse
« Je suis YAVO Adjo Allisson Mériane, chrétienne amoureuse de livres et de bénévolat. J’ai un Bac+5 en Audit et Contrôle de Gestion. Actuellement, je travaille comme contrôleur de coûts et de recettes dans l’hôtellerie à Abidjan. Je suis également entrepreneure dans le domaine de la littérature, en tant qu’éditrice avec la maison d’édition « Trait d’union » https://www.facebook.com/share/1FiSDkckKK/ et initiatrice du club de lecture « Un mois, un livre ». https://www.facebook.com/share/15zK4VUCqq/ Consciente de l’importance d’être utile à ma communauté, mes activités me permettent de servir les autres. Je milite aussi en tant que bénévole dans des associations de jeunesse. »
Quelle est ta plus grande peur ?
« Ma plus grande peur est de rater ma mission sur terre. Je suis convaincue que je dois être utile à ma communauté, et cela se reflète dans mes activités bénévoles et littéraires. »

Quelle est selon toi ta plus grande victoire ?
« Être utile à travers mes actions. Mon amour des livres, qui me permet de transmettre ma passion et d’aider les autres à se découvrir à travers la littérature. »
Quelle ta définition de la femme ?
Pour moi la femme, est un être vivant (humain) doté de capacités lui permettant de réussir sa mission sur terre comme tout être vivant d’ailleurs. C’est dans ce sens que la femme est capable de faire tout ce qu’elle désire. De voir se réaliser ses rêves. Il faut qu’on arrive à considérer la femme dans son entièrement sans toutefois la comparer ou l’opposer. C’est un être libre et capable quoique la tradition, les règles, réalités de la société ne l’avantagent pas toujours. C’est consciente de tout cela, que chacune à son niveau et qu’importe son rang est capable de faire évoluer de façon positive ces réalités sociétales.
Que penses-tu du 8 Mars ?
Je pense que le 8 Mars est une journée qui a son sens. Il serait bien de la mettre à profit de sorte à valoriser les droits de la femme et surtout à les faire respecter. Qu’elles décident de bien se vêtir dans le pagne ou pas (chez nous en côte d’ivoire), que chacune à son niveau n’oublie pas l’essence de cette journée.
Un conseil pour la génération future ?
Je considère que je suis une personne avertie parce que des personnes avant moi ont posées des actions, qui me sont utiles aujourd’hui. Qui m’aident à évoluer. Je me dois également de me rendre utile pour les générations futures. C’est à cela que j’appelle chacun.e de nous : A prendre conscience de notre rôle à jouer aussi minime soit-il et s’y atteler.
Elles sont jeunes et engagées. Elles sont brillantes. Célébrons ensemble les femmes et filles brillantes sans exceptions.
Tchewôlô, femme noire, femmes du monde: parlons d’elles.
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