« Parler est un besoin, écouter un art. »

Article : « Parler est un besoin, écouter un art. »
27 juin 2020

« Parler est un besoin, écouter un art. »

Nous avons tous besoin de parler. Nous avons tous besoin qu’on nous écoute. En cette période de crise sanitaire, il est clair que les habitudes ont changé. La gestion de la maison à plein temps, vivre à plein temps avec les membres de sa famille et bien d’autre chose. Le travail à la maison (télétravail). Nous avons évoqué le problème de violence de tout type et comment aider ces personnes.  Alors lorsque ta vie est bouleversée, lorsque tu fais face à un changement brusque dans ta vie, à une situation inattendue, à un choc émotionnel, Que fais-tu ? A qui tu parles ? Comment tu supportes et gère les choses ?

Moi, j’ai cette habitude d’écrire mes peines et mes joies. Durant très longtemps j’ai opté pour l’écriture pour me libérer mais je me suis rendue compte au fil du temps que parler à quelqu’un qui nous écoute est aussi bénéfique. Du coup il n’y a pas longtemps, j’ai décidé de visiter des professionnelles dans le métier. J’ai vu un coach thérapeute puis une comportementaliste et ça a été très bénéfique pour moi.

Cette pratique n’est pas commune en Afrique, allé voir un psychologue. J’ai posé la question à mes abonnés sur ma page Facebook puis ensuite j’ai fait appel à une spécialiste pour mieux nous expliquer l’importance de cette pratique.

Marie FADIGA, Coach en développement et thérapeute humaniste, nous édifie sur cette citation de Goeth : « Parler est un besoin, écouter un art. » –

Il ne s’agit pas ici d’un besoin rattaché à un genre, au statut social ou à la couleur de la peau d’une personne, bien que dans plusieurs cultures le fait d’exprimer ses émotions et ses sentiments peut être perçu soit comme un manque de respect ou encore comme un signe de faiblesse. Mais parler est un besoin pour tout être humain et a ces bénéfices.

Parler nous permet entre autre de se vider l’esprit de toute charge émotionnelle qui serait pour nous source de stress et qui pourrait au fil du temps conduire certains à la dépression ou autres sérieux troubles psychologiques.

Parler nous permet également de mettre des mots sur les émotions ressenties et d’y faire face plutôt que de les laisser grandir en nous et agir sous la pression de la colère ou de la tristesse qu’elles engendrent en nous.

Parler nous permet de voir nos problèmes sous un angle différent avec différentes perspectives et solutions non perçu.

Parler permet à notre entourage de comprendre que nous avons besoin de support et nous leur donnons ainsi l’opportunité de nous apporter ce support.

Parler nous permet de développer avec les autres des relations plus saines. Mais on ne parle pas pour parler, il nous faut parler avec des personnes qualifiés pour nous entendre et nous comprendre afin de recevoir la meilleure direction qui nous permettra de trouver une solution « sur mesure  » à notre problème.

 » Il ne s’agit pas de parler, mais de savoir à qui parler ! Tout comme il ne suffit pas de conseiller, mais de pouvoir apporter la guérison et une direction à celui/celle qui est blessé au travers de nos mots… » -M. Fadiga

Le fait que nous trouvions de plus en plus de conseillers sur la toile certains qualifiés ou non et la formation de nombreux groupes dit de « conseil » démontre que nous reconnaissons ainsi notre besoin de parler, d’être écouté, entendu, éclairer et diriger.

Mais nous constatons bien souvent des dérapages qui entrainent des frustrations, des incompréhensions et bien souvent des abus de langages. Ce qui plongent ces personnes en quête de conseils dans une confusion et un mal être encore plus profond et ceci est dû au faite que tous ne sont tout simplement pas habilités à conseiller et même si cela partait d’une bonne intention nous devront nous tourner vers des personnes compétentes pour la simple raison qu’apporter un conseil c’est emmener une personne à adopter un certain comportement, à faire un choix et influencer ainsi le cours de sa vie.

Pour conseiller, il nous faut au préalable bien saisir tout le contexte avant d’intervenir. Il nous faut aussi identifier les valeurs morales de la personne en question, il faille connaitre les expériences passées de celui que nous conseillons pour pouvoir apporter un conseil et pour ce faire une relation de confiance ce doit d’être établie entre le professionnel et le client, qui s’ouvrira généralement sans peur car se sachant protéger par les règles de confidentialités.

Retenez donc qu’on ne peut efficacement conseiller une personne sur la base de demi-vérité, bien qu’un bon nombre de personnes reçoivent des conseils sur des informations non complètes ou encore sur la base des expériences des uns et des autres.

Parler c’est d’abord savoir écouter car c’est la somme de toutes les informations recueillies pendant l’écoute qui nous permettront de discerner si le problème vécu trouve son origine dans des blessures émotionnelles expérimentées à bas âges.

Un professionnel de l’écoute pourra nous diriger aux travers de questions ciblés à revisiter ces blessures attachés à nos souvenirs car elles continueront après bien des années à influencer notre façon d’agir ou de réagir et ressurgiront souvent de façon impulsive et influenceront négativement notre processus de réflexion donc nos choix, nos décisions et notre direction. Seule une personne formée à l’écoute pourra identifier dans nos actions et réactions la présence de ses blessures. Comprenons que nos attitudes, actions et réactions sont souvent conditionnés par ses blessures qui en réalité, dirigent nos vies et sont pour plusieurs la cause et la raison de là où nous nous trouvons dans la vie. Elles affectent notre bonheur, nos relations, nos opportunités, notre personnalité, notre caractère, nos attitudes et nos habitudes. Refuser d’en prendre conscience c’est de compromettre son développement et diminuer son potentiel.

La société africaine est en pleine « tentative » de développement, mais cela doit se faire correctement tout en accompagnant le peuple africain vers ce développement. L’apparition de métiers d’accompagnement est la preuve irréfutable de ce développement. Si les individus cherchent à se développer c’est en réalité le pays et la nation elle-même qui recherchent ce développement. Le changement de mentalité reste un facteur indispensable au développement et nous devons faire la part des choses entre nos habitudes, nos cultures, nos coutumes, nos traditions et nos croyances avec le besoin actuel de l’Afrique donc de l’africain. Face à tout changement il est important d’être préparé même si c’est le propre de l’être humain que de vouloir s’améliorer. Cependant même si nous y aspirons, il est souvent difficile de changer des comportements ancrés, par peur, routine ou pensées limitantes, nous demeurons alors réticents et hésitants.

Il est important de comprendre que tout changement représente un ‘stresseur’ car tout changement comporte des gains et des pertes et des renoncements. Le cerveau humain n’est donc pas à l’aise face à l’incertitude, ce qui peut causer des tensions et de l’anxiété, ces pressions peuvent à leurs tours créer des tensions physiques et des troubles psychiques…

Se développer c’est augmenter sa force, sa puissance et prendre de l’extension et pour cela il nous faut nous ouvrir à de nouvelles dispositions et cela signifie aussi s’exposer à d’autre réalités, à d’autres mentalités, à d’autres façon de faire et a d’autres manière de voir et d’appréhender les choses. Je crois personnellement que si nous aspirons au développement, il nous faudra être conscient que tout changement peut causer un grand stress et il nous faut donc être prêt à reconnaitre et accepter que la thérapie puisse nous aider et nous préparer pour y faire face.

Il existe des centaines de formes de Thérapie en fonction de nos besoins, entre autre la thérapie comportementale qui par exemple visera à se centrer sur le problème et à structurer l’action à réaliser pour en sortir.  Alors que la thérapie (EMDR / eye movement desensitization reprocessing) nous obligera à revisiter le ou les traumatismes subit (par exemples lorsque des humiliations répétées passé affectent notre comportement présent), la thérapie centrée sur la personne en revanche a pour objectif de développer l’autonomie du client au travers de son propre potentiel. Le type de thérapie est donc en fonction du besoin et il n’y a aucune honte à y avoir recours car c’est en réalité être conscient de soi et de sa santé mentale. La thérapie n’est donc pas un luxe ou encore moins une histoire pour les euro-descendants, mais la thérapie se veut être un outil essentiel au développement et pour le développement. S’il est chose normale pour l’être humain d’avoir recours à un médecin généraliste pour des maladies d’ordre physique, ou encore d’aller vers des guides religieux pour les situations d’ordres spirituels : ma question est pourquoi sommes-nous toujours réticent à nous tourner vers la thérapie pour notre santé mentale ?

NB: N’oubliez surtout pas, ne baissez pas la garde, la maladie existe toujours. Lavez vous les mains et portez vos masques.

Tchewôlô, Femme noire, femme du monde parlons d’elles!

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