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LE DIVORCE « Pourquoi est-il mal perçu dans la société ? »

Le divorce n’est pas toujours un conflit. Il peut être un choix de paix, un respect de l’autre : reconnaître qu’on ne peut plus se rendre heureux. Un respect de soi : ne pas se trahir. Le Divorce est aussi une solution pour se retrouver.

Dans un couple en crise, il est important de poser les bonnes questions. Oser aller au cœur du malaise avec honnêteté et surtout sans violence, pour essayer de comprendre où on en est vraiment et si on peut ou veut avancer ensemble.

Pour moi, créer un climat tranquille pour discuter c’est :

  • Choisir un moment calme, pas en pleine dispute.
  • Dire clairement le sujet de la discussion : « Je veux qu’on parle sérieusement, parce que notre relation compte pour moi. »
  • Poser des questions ouvertes et surtout ne pas accuser.

Il est très important que le couple comprenne l’ampleur des choses pour que la discussion soit profitable et lors de la discussion, il faut que les questions posées soient pour comprendre l’état du couple :

  • « Comment tu te sens dans notre relation, en ce moment ? »
  • « Est-ce que tu te sens écouté(e) et respecté(e) ? »
  • « Qu’est-ce qui te manque aujourd’hui entre nous ? »
  • « Qu’est-ce qui te pèse ou te fait mal dans notre relation ? »
  • « Est-ce qu’il y a encore des moments où tu te sens heureux(se) avec moi ? »

Ce sont des questions qui, si elles sont répondues avec honnêteté, le couple comprendra sa situation pour ensuite évaluer l’engagement avec un autre questionnement que sont les questions relatives à l’évaluation du couple; permettant de voir si l’autre veut encore construire ou s’il/elle a déjà décroché :

  • « Est-ce que tu veux qu’on essaie de réparer ce qui ne va pas ? »
  • « Est-ce que tu crois qu’on peut redevenir proches, complices ? »
  • « Qu’est-ce que tu serais prêt(e) à faire pour qu’on aille mieux ? »
  • « Qu’est-ce que tu attends de moi, que je n’ai peut-être pas compris ? »

A la suite de cela, il faut parler des limites, des besoin et d’avenir. Ce n’est pas le lieu de menacer ou supplier mais dire ce qu’on ne veut pas et ce qu’on ne peut pas faire.

  • « Pour moi, c’est essentiel de me sentir respecté(e) et écouté(e). Est-ce que tu le comprends ? »
  • « Je ne veux pas continuer dans une relation où je me sens seul(e). Est-ce que tu ressens ça aussi ? »
  • « Si rien ne change, est-ce qu’on est prêts à vivre ainsi encore longtemps ? »

Plus loin si la discussion est constructive, voici des questions qui peuvent aider pour le futur :

  • « Qu’est-ce qu’on pourrait changer concrètement, dès maintenant ? »
  • « Est-ce qu’on accepte de demander de l’aide extérieure, ensemble ? »
  • « Est-ce qu’on peut faire une pause ou un bilan sans que ce soit un drame ? »

Si la discussion ne mène à rien et qu’il est difficile pour vous de vous parler (Bon si vous n’avez pas encore fait le choix de divorcer et que vous voulez essayer encore) il y a une autre formule : faire intervenir une personne extérieure. C’est parfois compliqué pour certaines personnes mais en vrai les témoins de mariage sont là pour ça. Ils sont sensés être un recours quand ça ne va pas. Il n’y a pas que les témoins, on peut parfois faire appel à une personne neutre (ami bienveillant, aîné sage) qui peut offrir une perspective utile, un soutien personnel (psychologue, coach). Afin de mieux comprendre tes besoins, tes limites et ta force intérieure. Il est vrai qu’en Afrique on utilise moins les psychologues pour comprendre et résoudre un problème mais on peut toujours essayer si on veut que ça fonctionne et faire une thérapie de couple. Aller voir un professionnel peut aider à débloquer des conflits que le couple seul n’arrive plus à gérer.

Vous savez, le mariage est un long fleuve pas du tout tranquille, il y a des hauts et des bas et pire, il y a souvent des tsunamis et des tempêtes. L’important c’est de savoir cela et comprendre quoi faire après ce genre de catastrophe. Poser les bonnes questions, c’est oser regarder la vérité en face, sans fuir, ni agresser. Parfois, ces conversations peuvent sauver une relation ou encore, elles montrent qu’il faut la laisser partir avec dignité.

Pourquoi le divorce est mal vu dans la société

Sous nos Cieux, le fait de divorcer est très mal vu. Limite on a envie de t’éjecter de la société et si tu n’es pas perspicace, tu vas t’en vouloir à mort alors que toi seul sait ce que tu vivais dans ce mariage. Le mariage est vu comme un engagement sacré ou à vie. À la vie, à la mort. Le divorce est considéré comme un échec personnel ou familial. Tu n’as pas réussi à gérer un foyer.  Si tu es une femme, tu seras associée à la honte ou à la stigmatisation. Certaines religions interdisent ou découragent fortement le divorce. Les médias influencent beaucoup la perception en montrant tantôt des divorces destructeurs. Le regard sur les enfants issus de parents divorcés varie aussi. Les hommes et femmes divorcés peuvent être jugés différemment : souvent plus de pression ou de critiques sur les femmes. Les femmes, surtout, subissent souvent plus de pression morale et sociale à rester dans un mariage, même malsain. Le mariage est idéalisé : beaucoup de sociétés enseignent que le mariage est la clé du bonheur, de la stabilité, de la réussite. Donc, quitter ce cadre est vu comme un « échec », et non comme un acte de courage. Les traditions valorisent la stabilité : même dans la douleur, certaines cultures prônent l’endurance et le sacrifice pour « sauver la famille », en particulier de la part des femmes. Le divorce est souvent vécu comme une cassure familiale. Les gens pensent d’abord aux conséquences sur les enfants ou les proches avant de penser à leur propre bien-être.

Pourquoi les femmes sont beaucoup plus fustigées ?

Tu es femme, tu as réussi à te marier, et après quelques années tu divorces. Toi tu vas « lire l’heure », comme on le dit chez nous en Côte d’Ivoire. Les femmes sont souvent les plus fustigées en cas de divorce, c’est un fait. Que ce soit sur le plan culturel, sociétal et même religieux. Dans beaucoup de sociétés, surtout africaines, les femmes sont perçues comme les gardiennes du foyer et de la stabilité familiale. Lorsqu’un mariage échoue, on leur reproche souvent de ne pas avoir « tenu leur rôle », même si les responsabilités sont partagées. Cette attente démesurée est ancrée dans des siècles de patriarcat. Le foyer, c’est la femme alors qu’un foyer c’est 2 personnes. On le reprochera même les mauvais agissements de l’homme. Peut importe les raisons de son départ, on lui dira « tu n’as pas fait ton travail d’épouse ». « Tu as mal géré ».

Un autre point, les femmes divorcées sont encore perçues comme ayant transgressé un devoir moral. Si elles quittent un foyer, on dira elle n’est pas courageuse, elle a fui à la moindre difficulté, elle n’a pas pensé aux enfants. Sa vie sexuelle sera beaucoup surveillée, critiquée. Une femme divorcée qui se remet en couple ou mène une vie libre peut être jugée plus sévèrement qu’un homme dans la même situation.

Naître Femme est déjà un combat en plus.

Pourquoi le divorce est rarement vu comme un acte libératoire ?

À force de montrer les mauvais côtés du divorce, on oublie que c’est une solution pour libérer deux personnes. Aider un couple à renaître. C’est une solution pour permettre de mieux vivre et rayonner. Lorsque tout va mal, lorsqu’il n’y a plus d’issue, la solution c’est de partir. C’est permis et il y a des raisons à cela. Voyons le divorce comme une libération ou une reprise de contrôle sur sa vie.

  • Il est reconnu que rester dans une relation toxique ou malheureuse peut être plus dommageable qu’une séparation.
  • Ce n’est souvent qu’après un certain temps que les gens se rendent compte qu’ils se sont sauvés.
  • Dans les films, les livres, les médias : on montre beaucoup de divorces conflictuels, destructeurs. On parle rarement de ceux qui ont retrouvé la paix, l’amour de soi ou un nouvel équilibre après.
  • Ce n’est pas un échec de partir. C’est un choix courageux quand tout a été tenté, mais que la paix, l’amour ou le respect ne reviennent pas.
  • On peut se séparer dans le respect, pour le bien des deux, et parfois pour le bien des enfants aussi.
  • Si la souffrance est chronique, si la communication est absente, s’il y a violence (verbale, psychologique, physique) ou manipulation, il faut poser des limites fermes.
  • Rester dans un mariage ne doit jamais se faire au prix de sa santé mentale ou de son intégrité.
  • Ce qui blesse un enfant, ce n’est pas le divorce. C’est le conflit non résolu.

Mais en réalité, le divorce peut être un acte de survie, de dignité et d’amour-propre. Quitter une relation toxique, violente, ou simplement vide de sens, c’est faire le choix de se respecter, de se reconstruire. Quand un mariage va mal, il est essentiel d’agir avec lucidité, respect de soi et respect de l’autre. Ce qui compte, ce n’est pas de sauver le mariage à tout prix, mais de sauver les personnes qui le vivent.

Il faut changer la perception collective du divorce. Beaucoup de gens le voient encore comme une « fin triste », alors qu’il peut être une renaissance, une porte de sortie saine, et même un acte d’amour propre parfois d’amour pour l’autre aussi. Il faut faire comprendre aux gens que le divorce n’est pas un échec, mais une alternative salutaire. On doit changer le vocabulaire quand on parle de Divorce. Au lieu de parler « d’échec », on peut dire : « Un nouveau départ ».

À lire aussi : Parler est un besoin, écouter est un art


« Mes Influenceuses »

Elles font de la culture leur leitmotiv. Elles sont entrepreneures. Elles font partie de cette génération de jeunes femmes africaines qui incarnent une force inouïe de résilience et de créativité, et qui sont pleines d’espoir pour voir l’Afrique renouer avec son passé afin de mieux bâtir son avenir.

Bien qu’elles aient longtemps dû faire face à des défis structurels liés à l’éducation, à l’accès à l’emploi et aux normes sociales restrictives, aujourd’hui, les femmes sont perçues comme des actrices incontournables du changement. En Afrique, ces jeunes femmes ne se contentent pas de revendiquer leur place dans la société, elles redéfinissent les contours de leur avenir.

3 cultures lovers

Pour ce mois de mars, j’ai choisi de vous présenter trois visages avec lesquels je collabore depuis six ans. Elles sont au cœur de l’Ivoire Black History Month (IBHM), https://www.facebook.com/share/1YZjuavGcq/ un événement organisé par des jeunes ivoiriens pour promouvoir et valoriser le patrimoine culturel matériel et immatériel de la Côte d’Ivoire. Mes Tchewôlô du mois sont : Adjouafla Carine BOKO, la techno-fashionista, Djeney DIABY, l’altruiste, et Meriane Allison ADJO, la bibliophile. J’ai essayé de leur attribuer des qualificatifs qui reflètent leur essence. Elles m’ont partagé leurs peurs et leurs victoires. Elles sont jeunes et inspirantes. Dans cet article, nous explorerons leurs expériences, leurs aspirations, leurs luttes quotidiennes, ainsi que leurs contributions essentielles à la transformation du continent.

Lady nature

CARINE BOKO, « Techno-Fashionista »

J’ai choisi ce terme pour elle car il fusionne l’amour de la mode et de la technologie, reflétant une femme qui s’intéresse à l’innovation tout en restant à la pointe des tendances stylistiques. Carine est community manager et chargée de la communication du IBHM. Elle se définit avec cinq hashtags :

#Authentique #Analytique #Créative #Dynamique #Avant-gardiste

« Je suis BOKO ADJOUA-FLA HÉLÈNE CARINE, mais mon prénom préféré reste ADJOUA-FLA, car il me représente parfaitement. Je suis artiste, cheffe de projet et entrepreneure, une véritable boîte à idées. Passionnée par l’organisation d’activités, j’aime imaginer et mettre en place des solutions créatives et significatives. Mon parcours est éclectique, car je crois que chaque expérience est une occasion d’évoluer. Ma mission est d’inspirer, de créer et de partager. C’est ce qui guide mes actions, de la conception de mes projets à mon épanouissement personnel. »

La marque B.A-BA

Quelle est ta plus grande victoire en ce moment précis ?

« Pour moi, il n’y a pas de petite ou grande victoire. Chaque accomplissement, qu’il soit visible ou discret, est une victoire à sa manière. Cependant, si je devais citer l’une de mes réalisations dont je suis particulièrement fière, ce serait l’acceptation de mon projet entrepreneurial et la création de ma marque de vêtements B.A-BA. Une marque artisanale qui cherche à allier tradition et modernité, que ce soit à travers ses textiles ou ses créations. Cela me permet de montrer ma vision de l’artisanat, tout en y apportant une touche contemporaine. » https://www.facebook.com/share/18nVXYNeT9/

Ta plus grande peur ?

« En vérité, je n’ai pas de grande peur. La peur, pour moi, est un sentiment qui se surmonte. Je fonctionne avec la philosophie du « Just do it ». Plutôt que de me laisser envahir par des préoccupations ou des regrets, je préfère agir. Cela me permet d’avancer sans me retourner, pour mon propre bien-être et pour celui des autres. Pour moi, il est plus important de passer à l’action et de donner le meilleur de soi-même, sans se laisser freiner. »

Quelle est ta définition de la femme ?

« Pour moi, la femme est un être puissant, capable de réaliser tout ce qu’elle entreprend. J’admire les femmes pour leur capacité à se réinventer, à surmonter les obstacles et à transformer le monde qui les entoure, souvent avec une détermination silencieuse mais profonde. »

Que penses-tu du 8 mars ?

Le 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, est bien plus qu’une simple date. C’est un moment pour célébrer les luttes passées et actuelles des femmes à travers le monde, pour saluer les progrès accomplis en matière d’égalité et pour rendre hommage à toutes celles et ceux qui œuvrent pour un avenir plus juste. Mais cette journée est aussi une occasion de se rappeler que la lutte n’est pas terminée. Si des avancées ont été réalisées, de nombreux défis restent à relever. La lutte contre les violences sexistes et sexuelles etc…

Quel est ton ou tes conseils pour les plus jeunes ?

À la prochaine génération, je veux dire ceci : les limites qui existent sont souvent celles que nous nous imposons. N’ayez pas peur de rêver grand, d’avoir des ambitions audacieuses et de travailler pour les atteindre. Croyez en vous, DIEU et l’univers vous soutiendront dans la réalisation de vos rêves.

Osez, créez et impactez !

L’énergie d’oshun

DJENEY DIABY, « L’Altruiste »

Je la surnomme « Altruiste » car, bien qu’elle soit « réservée et généreuse », ce terme correspond à une personne qui, malgré sa discrétion, fait preuve d’une grande disponibilité pour soutenir les autres. Djeney, surnommée « L’énergie D’Oshun », est l’élément sur lequel tout le monde peut compter. Elle ne se plaint jamais. Sa fonction au IBHM est assez technique, elle est commissaire aux comptes et gère le volet marketing et la vente des livrets produits par l’équipe. Elle se décrit avec cinq mots :

#Résilience #Abnégation #Timidité #Maternelle #Travailleuse

« Je suis Djéney DIABY, passionnée par tout ce qui touche aux cadeaux, à la déco et à la création… bien que je sois diplômée en communication. J’ai aussi lancé SÍGÍRĒ, une boutique en ligne que j’espère développer pour en faire un point de vente physique. Je suis également engagée dans la préservation de la culture ivoirienne avec IBHM. »

Quelle est ta définition de la femme ?

J’ai beaucoup écrit mais je n’arrive pas à être satisfaite de la réponse. Mais je vais dire ceci : Je crois que la femme est une personne forte, peut-être un peu trop forte d’ailleurs, qui porte une société qui n’est pas taillée pour elle.

Femme Africaine

Quelle est ta plus grande victoire ?

« SÍGÍRĒ, ma boutique en ligne de vente de Dempé. C’est un projet que j’avais depuis 2017 et que j’ai enfin lancé en 2024. Ce n’est pas ma seule source de revenus, mais je suis fière de voir l’évolution du projet. J’aime recevoir des commandes, échanger avec mes clientes et leur donner des idées de tenues. Je prévois aussi de développer l’aspect bien-être de l’entreprise. J’ai une vision et je compte aller jusqu’au bout. » https://www.facebook.com/share/15vTFXxScj/

Ta plus grande peur ?

« Ne pas pouvoir avoir d’enfants. »

Pourquoi ?

« J’ai des problèmes de santé et avec l’âge qui avance, je commence à m’inquiéter. »

Que penses-tu du 8 Mars ?

Je pense que le 8mars est un jour symbolique pour faire un bilan des avancées de la lutte pour l’égalité des genres et aussi de mettre en lumière les discriminations et autres violences liées aux genres. Il est très important de commémorer les progrès obtenus au fil des luttes menées par les femmes.

Quels conseils pour les plus jeunes ?

Il faut travailler, se former, vivre pour ses idées et se battre pour les réaliser.

MA CP INTELLO

ALLISON MERIANE YAVO, « Bibliophile »

J’ai connu Allison en dehors du IBHM, dans un groupe de travail et d’entraide, et c’est après qu’elle nous a rejoints dans l’équipe. Je pourrais lui donner tous les surnoms possibles tant elle est pétillante et intelligente, mais je la qualifie de « Bibliophile », un terme qui désigne une passionnée de littérature, une exploratrice de mondes imaginaires et réels, une chercheuse de savoirs et de perspectives nouvelles. Pour elle, les livres sont une source d’évasion, de réflexion et parfois même une forme de résistance. Voilà pourquoi je l’appelle affectueusement « ma CP Intello ». Au IBHM, Allison est l’adjointe du trésorier. Elle se définit avec ces cinq mots :

#Croyante #Loyale #Résiliente #Engagée #Ambitieuse

« Je suis YAVO Adjo Allisson Mériane, chrétienne amoureuse de livres et de bénévolat. J’ai un Bac+5 en Audit et Contrôle de Gestion. Actuellement, je travaille comme contrôleur de coûts et de recettes dans l’hôtellerie à Abidjan. Je suis également entrepreneure dans le domaine de la littérature, en tant qu’éditrice avec la maison d’édition « Trait d’union » https://www.facebook.com/share/1FiSDkckKK/ et initiatrice du club de lecture « Un mois, un livre ». https://www.facebook.com/share/15zK4VUCqq/ Consciente de l’importance d’être utile à ma communauté, mes activités me permettent de servir les autres. Je milite aussi en tant que bénévole dans des associations de jeunesse. »

Quelle est ta plus grande peur ?

« Ma plus grande peur est de rater ma mission sur terre. Je suis convaincue que je dois être utile à ma communauté, et cela se reflète dans mes activités bénévoles et littéraires. »

La joyeuse

Quelle est selon toi ta plus grande victoire ?

« Être utile à travers mes actions. Mon amour des livres, qui me permet de transmettre ma passion et d’aider les autres à se découvrir à travers la littérature. »

Quelle ta définition de la femme ?

Pour moi la femme, est un être vivant (humain) doté de capacités lui permettant de réussir sa mission sur terre comme tout être vivant d’ailleurs. C’est dans ce sens que la femme est capable de faire tout ce qu’elle désire. De voir se réaliser ses rêves. Il faut qu’on arrive à considérer la femme dans son entièrement sans toutefois la comparer ou l’opposer. C’est un être libre et capable quoique la tradition, les règles, réalités de la société ne l’avantagent pas toujours. C’est consciente de tout cela, que chacune à son niveau et qu’importe son rang est capable de faire évoluer de façon positive ces réalités sociétales.

Que penses-tu du 8 Mars ?

Je pense que le 8 Mars est une journée qui a son sens. Il serait bien de la mettre à profit de sorte à valoriser les droits de la femme et surtout à les faire respecter. Qu’elles décident de bien se vêtir dans le pagne ou pas (chez nous en côte d’ivoire), que chacune à son niveau n’oublie pas l’essence de cette journée.

Un conseil pour la génération future ?

Je considère que je suis une personne avertie parce que des personnes avant moi ont posées des actions, qui me sont utiles aujourd’hui. Qui m’aident à évoluer. Je me dois également de me rendre utile pour les générations futures. C’est à cela que j’appelle chacun.e de nous : A prendre conscience de notre rôle à jouer aussi minime soit-il et s’y atteler.

Elles sont jeunes et engagées. Elles sont brillantes. Célébrons ensemble les femmes et filles brillantes sans exceptions.

Tchewôlô, femme noire, femmes du monde: parlons d’elles.


FEMME À LA UNE : L’artiste Maîcha Konaté

Les femmes ne sont plus de simples muses, elles s’affirment désormais comme des créatrices de leur propre histoire. Rencontre avec une jeune artiste aux multiples facettes, Maîcha Konaté.

Aujourd’hui, la peinture corporelle, ou body painting, est une forme d’expression artistique qui connaît une véritable renaissance. Jadis, au collège, on dessinait sur nos corps avec de la craie ou du maquillage, sans imaginer que cela deviendrait plus tard une forme d’art reconnue, voire un métier. Le monde artistique est vaste et fascinant, et de plus en plus de femmes osent exprimer leurs talents au-delà des traditionnelles disciplines comme la musique, la danse, le stylisme, la coiffure ou le maquillage. Elles deviennent dessinatrices, peintres, visagistes, photographes… Elles brisent les tabous et dénoncent à travers leurs œuvres, abordant des thèmes variés et puissants.

C’est lors de l’organisation de la 6e édition du Ivoire Black History Month que nous avons fait la rencontre de Maîcha Konaté, une jeune artiste pleine de talent, par le biais d’un ami commun. Séduites par son dynamisme et son originalité, nous avons décidé de nous rapprocher d’elle pour en apprendre davantage sur son parcours. Diplômée en design textile de l’INSAAC (Institut National Supérieur des Arts et de l’Action Culturelle) en Côte d’Ivoire, Maîcha est une artiste aux multiples facettes.

Maicha Konaté

Tchewôlô : Quels sont les cinq mots qui te définissent ?
Maîcha Konaté : Solaire, passionnée, artistique, audacieuse, amoureuse.

Tchewôlô : Que signifie F.A.A.M. ?
Maîcha Konaté : F.A.A.M. signifie Femme, Africaine, Artiste, Milliardaire.

Tchewôlô : Milliardaire ? Pourquoi ?
Maîcha Konaté : Oui, car pour moi, l’argent est un outil essentiel. Il permet de soutenir d’autres artistes comme moi et de leur donner les moyens de progresser. L’un des plus grands défis que nous rencontrons, en tant qu’artistes peintres, c’est d’avoir les ressources nécessaires pour nous équiper en matériel. C’est d’ailleurs un problème que je rencontre personnellement. Il y a cette idée répandue que l’art n’est pas un métier qui permet de bien vivre, mais je veux prouver le contraire. Je veux démontrer qu’il est possible d’être une artiste accomplie tout en étant une femme d’affaires prospère.

Tchewôlô : On te souhaite donc de devenir milliardaire ! Comment tout a-t-il commencé pour toi ?
Maîcha Konaté : Tout a réellement débuté en 2021, lorsque, avec un ami, j’ai créé le premier collectif de body painting en Côte d’Ivoire. Avant cela, je n’avais pas conscience du potentiel commercial de cette forme d’art. C’est cet ami qui m’a ouvert les yeux sur ce que mon travail pouvait offrir. Jusqu’alors, je rêvais simplement de devenir styliste. Aujourd’hui, je lui suis reconnaissante de m’avoir montré une autre voie.

Maicha durant une séance de Body painting

Tchewôlô : Quelle est ta spécialité ? Que fais-tu exactement ?
Maîcha Konaté : Ma spécialité est le body painting, mais je pratique aussi la peinture sur toile et le design textile.

Le Blog : Comment as-tu appris le body painting ?
Maîcha Konaté : Je dirais que le body painting est arrivé un peu par hasard. La première fois que j’ai tenté l’expérience, je n’étais même pas dans une école d’art. J’avais vu des images en ligne qui m’avaient beaucoup inspirée, et j’ai décidé de les reproduire, sans savoir que cela s’appelait du body painting. Un an plus tard, en poursuivant mes recherches, je suis tombée sur des œuvres similaires et j’ai commencé à expérimenter davantage sur moi-même. En fait, j’ai beaucoup appris en autodidacte, tout en me documentant sur l’histoire du body painting.

Le Blog : Qu’est-ce qui t’inspire dans ton travail ?
Maîcha Konaté : Plusieurs éléments m’inspirent : ma culture, mon amour pour l’Afro-punk, ainsi que mon hypersensibilité aux problématiques de notre époque. Ce mouvement, l’Afro-punk, a été une véritable révélation pour moi, tant sur le plan personnel qu’artistique.

Maicha dans ses œuvres

Le Blog : Est-ce ta fonction principale ou simplement une passion ?
Maîcha Konaté : C’est les deux ! L’art est à la fois ma fonction principale et ma passion. C’est mon histoire, c’est ma vie, c’est mon métier ! (Rires) Je crois sincèrement qu’un jour je pourrai en vivre pleinement. C’est pour cela que je veux que mon nom d’artiste soit F.A.A.M. C’est un défi important pour moi.

Le Blog : Quelle est l’importance de la formation dans ton parcours ?
Maîcha Konaté : La formation est essentielle. On ne peut pas tout apprendre par soi-même. Elle permet de se professionnaliser, d’obtenir un diplôme et de maîtriser des techniques qui nous aident à faire évoluer notre art. Bien que j’aie appris énormément sur le body painting de manière autodidacte, je souhaite suivre une formation spécialisée pour perfectionner mes compétences et obtenir un diplôme.

c’est une peinture que j’ai faite qui représente mon univers, mon amour pour la spiritualité en général et la manière dont je me vois.

Le Blog : As-tu des inspirations féminines dans l’art ou dans d’autres domaines ?
Maîcha Konaté : Oui, énormément ! Parmi mes inspirations, il y a des figures comme Angélique Kidjo, Dobet Gnahoré, Iniko, Diatou Ndiaye, mais aussi des amies proches que j’admire profondément, telles que Konaté Regina, Noémie Wilputte, et bien d’autres. D’ailleurs, tu me fais penser à l’une d’elles : je pense que toi aussi, tu es une femme inspirante ! Vous êtes toutes des modèles de force et de créativité que j’aimerais suivre dans le milieu artistique.

105cm x 92cm Acrylique sur toile 2022/ Il retrace l’histoire du cauris

Le Blog : Merci beaucoup pour ce compliment. Comment te positionnes-tu en tant que femme dans l’art ?
Maîcha Konaté : Je me positionne comme une femme ambitieuse, déterminée à faire connaître mon travail au-delà des frontières.

Le Blog : Es-tu satisfaite de ton parcours jusqu’ici ? Quelles sont tes attentes pour l’avenir ?
Maîcha Konaté : Non, je ne suis pas encore satisfaite. Il me reste beaucoup à apprendre et à partager. Mon objectif est de me faire connaître davantage dans le monde de l’art, de découvrir de nouvelles opportunités et de pouvoir vivre pleinement de ma passion.

Le Blog : Et comment ta famille perçoit-elle cette passion ? Seront-ils d’accord si tu veux en faire un métier à part entière ?
Maîcha Konaté : Ma famille me soutient énormément. Même si, parfois, ils ne comprennent pas toujours ce que je fais (ils me traitent parfois de « fofolle » !), ils croient en moi et m’encouragent. Leur soutien est un moteur puissant pour moi.

 »Échos Africains : Réchauffement et Résilience » 75 x 106 cm/ Acrylique sur toile / Novembre 2023

Le Blog : Que souhaites-tu apporter à la condition des femmes à travers ton art ?
Maîcha Konaté : À travers mon art, je veux montrer aux femmes – et aux hommes – que nous sommes des êtres puissants, quelle que soit notre personnalité, nos goûts ou notre couleur de peau. Chaque femme a une richesse à offrir au monde en puisant dans sa culture et ses traditions. Mon but est d’encourager les femmes à s’accepter et à s’assumer pleinement. « Tu n’es pas différente, tu es simplement unique, et cela te rend spéciale. » Actuellement, je travaille sur une nouvelle série de peintures mettant en lumière des femmes brisant les codes de la société, affirmant leur identité et leur beauté.

Le Blog : Quel est ton message pour les jeunes femmes africaines ?
Maîcha Konaté : Soyez ambitieuses et travailleuses, peu importe le domaine dans lequel vous évoluez. Être une femme n’est pas une limite, c’est une force. Votre féminité est un atout, pas un frein. Soyez instruites, audacieuses et n’ayez pas peur de briller. Nous, femmes africaines, avons tant à offrir au monde.

Félicitations à Maîcha pour son parcours inspirant.

Tchewôlô, femme noire, femme africaine, parlons d’elles !


RECORD GUINNESS: ZEINAB, veut battre le record mondial

120 HEURES DE CUISINE NON-STOP, 3 PLATS PAR HEURE, 6 JOURS NON-STOP AVEC 5 MINUTES DE PAUSE PAR HEURE. Voici le record Guinness de cuisine individuelle que Zeinab BANCE ambitionne de battre.

Le challenge le plus épique de cette fin d’année est porté par la cheffe Zeinab Bance. Fille de cuisinier, elle a été inspirée par son père. Elle nourrit ce projet depuis deux ans et a obtenu la validation de son défi il y a seulement un an. Elle a préparé son mental et son physique pour ce challenge. En plus de viser le record Guinness, elle souhaite promouvoir la gastronomie ivoirienne et soutenir les orphelins. Un véritable « deux en un ».

Zeinab BANCE en cuisine

Le peuple ivoirien, ne voulant pas rester en marge de ce défi, a fait preuve d’une grande solidarité. Les filles et fils du pays se mobilisent pour la soutenir depuis le 17 décembre dernier, et cela jusqu’au 22 décembre à l’espace AGORA de Koumassi. Plus qu’une simple source d’inspiration nationale, Zeinab est un exemple pour toutes les femmes.

L’ambiance à l’AGORA de Koumassi

Nous avons interrogé plusieurs jeunes femmes pour connaître leur avis sur Zeinab Bance et leur message à l’endroit de la gent féminine :

Annie Estelle DIBO, Superviseur général de cuisine de la ligne de restauration Texas Grill’z :
« Je pense que c’est une femme qui croit en ses rêves et en elle-même. Zeinab représente une armée de jeunes cuisinières souvent minimisées par rapport aux cuisiniers masculins. Elle est pour moi la preuve que les femmes ont beaucoup à dire dans le domaine de la restauration. C’est aussi, et surtout, un symbole d’espoir. Même si je la sens un peu fatiguée car elle ne profite pas pleinement de ses 5 minutes de pause, j’y crois et je prie pour elle. Quand je vois tout l’espoir qu’elle communique à mes filles en cuisine, mon cœur est dans la joie. C’est une Woman King ☺️ »

FAAM, Artiste peintre, body painter et designer textile :
« Je l’admire beaucoup. C’est une femme forte et ambitieuse. À toutes les femmes qui doutent de leurs capacités (moi y compris), je voudrais dire ceci : mettez vos peurs et vos doutes de côté, et foncez ! C’est ce qui vous aidera à atteindre vos objectifs, plutôt que de céder à la procrastination. »

Aissatou DOUMBIA, Assistante administrative et commerciale :
« Zeinab Bance est une source de motivation et d’inspiration pour de nombreuses femmes qui n’osent pas. Elle incarne l’ambition et la détermination, prouvant qu’il est possible de rêver grand et de transformer ses rêves en réalité en mettant toutes les chances de son côté pour réussir. C’est une battante ! Avec ce qu’elle accomplit aujourd’hui, elle ouvre la voie à nos nombreuses « Women Kings » prêtes à s’affirmer. Elle nous rappelle que chaque femme a en elle la force de marquer son époque et d’ouvrir de nouvelles voies. »

Marylin TANO, Esthéticienne-massothérapeute / Agricultrice :
« Elle est une source de motivation et de confiance en soi. Sa détermination est déjà une belle victoire. Les femmes sont aussi capables que les hommes. « La place de la femme est en cuisine ». Ils pensaient nous insulter, mais grâce à la cheffe Bancé, nous avons relevé ce défi. Bientôt, un nouveau record Guinness du marathon culinaire ! »

Doua Betina GNAGBE, Superviseur terrain des activités de nutrition infantile à Korhogo :
« Zeinab, c’est ça : oser et croire en ses rêves. Et parce qu’elle y croit et fonce à fond, la nature se mettra à lui propulser toute la force nécessaire. Le maître apparaît dès que l’élève est prêt. Je lui souhaite de réussir ce challenge, je lui souhaite encore plus d’audace. Je lui souhaite d’atteindre l’excellence. »

Peniel, Architecte :
« Personnellement, je trouve que Zeinab Bance, tout comme Miss France 2025 et Hilda Bassi, sont des femmes très ambitieuses. Elles savent que pour obtenir ce que l’on veut de meilleur dans la vie, il faut faire quelque chose de différent et oser. Elles montrent que, tant que l’on n’ose pas, on ne peut pas obtenir ce que l’on désire. Ce sont des modèles à suivre. Elles incarnent une influence positive et sont des sources d’inspiration pour les jeunes générations. Elles montrent aux jeunes filles et à la jeunesse qu’importe d’où l’on vient, on peut toujours accomplir quelque chose d’exceptionnel. Il suffit d’avoir le courage d’oser. En 2025, nous avons besoin de plus de femmes comme elles : des femmes fortes qui défient les normes et montrent qu’il est possible d’accomplir des choses extraordinaires. Et en Côte d’Ivoire, les femmes claires sont trop souvent insultées. Aujourd’hui, nous avons une femme claire qui fait quelque chose de différent, d’ambitieux et de positif. C’est vraiment un excellent exemple pour toutes les femmes. »

Audrey Nadège DJAMA, Restauratrice :
« Si je devais définir le mot « courage » et « audace », je dirais Zeinab Bance. Il faut avoir une confiance extraordinaire en soi pour tenter ce genre de défi et c’est à féliciter. Elle m’inspire détermination, courage, confiance absolue en soi. Je dirais même que je vis un rêve caché à travers elle 🥰 Tout ce que je peux lui dire, c’est félicitations et on la soutient jusqu’au bout. »

Sandra MADJOUANKAN :
« La cheffe Zeinab a choisi un moment parfait pour relever son défi : la fin d’année. C’est le mois des fêtes, dans la mouvance. Nous avons regardé avec passion le challenge d’Hilda Baci, et nous sommes vraiment heureux qu’une Ivoirienne le fasse. Elle a marqué l’actualité et continue encore. Nous sommes fiers d’elle et nous adorons ce moment de solidarité qu’elle nous fait vivre. »

Zeinab BANCE et le soutien populaire qu’elle reçoit sont l’épicentre des regards en cette fin d’année. Elle bénéficie du soutien de nombreuses célébrités du pays, d’Emma Louhes à Cadic N’guessan, en passant par Carelle Laeticia, Akoula Angola, ALIWAX, Kwiyiah Style et bien d’autres. La gent féminine est totalement derrière cette femme qui veut entrer dans l’histoire. Les autorités ivoiriennes ne sont pas restées en marge, elles étaient également présentes pour montrer leur soutien à celle qui fait vibrer le pays.

Zeinab face aux défis

ce vendredi 20 décembre à 19h, ce sont 72h qui ont été effectuées par Zeinab. Bientôt, elle fera partie de l’histoire et un rêve va certainement se réaliser dans les jours à venir.

Nous tenons à saluer les amazones derrière Zeinab, ces femmes qui sont en cuisine avec elle, qui l’aident dans cette tache. La victoire et le records Guinness sera également pour elles. Elles sont la preuve vivante que les femmes savent se soutenir.

Peu importe l’issue de ce challenge, on retiendra que Le courage, la persévérance, l’abnégation, la confiance en soi et l’audace ont désormais un nouveau visage : Zeinab BANCE.

Tchewôlô, femme noire, femme africaine ; parlons d’elles !


FEMME A LA UNE : RITA AMBEU, La dynamique

« IL FAUT UNE MEILLEURE INCLUSUON DES FEMMES DANS LE PROCESSUS DE CREATION D’UN FILM »

Les femmes dans le cinéma en Afrique jouent un rôle crucial, tant devant que derrière la caméra. Leur contribution est essentielle pour raconter des histoires authentiques et diversifiées qui reflètent les réalités sociales, culturelles et politiques du continent. Elles jouent un rôle important dans l’industrie, apportant des perspectives uniques et innovantes. De la production à la réalisation, en passant par l’écriture et la distribution, elles contribuent à diversifier les récits et à promouvoir des histoires atypiques. Les jeunes cinéastes africains apportent une richesse et une diversité fascinantes au paysage cinématographique mondial. Ils explorent des thèmes variés allant de l’identité culturelle à la diaspora, en passant par les défis sociaux et politiques.

Notre tchewôlô à l’honneur est une warriors. Après plusieurs formations dans le domaine de la production audiovisuelle, a réalisé plusieurs court et long métrages mais aussi des séries qui ont participé à des festivals comme le FESPACO en 2017, écran noir au Cameroun, SVAFF aux Etats Unis, Durban Talents en Afrique du sud, Quifilma au Gabon, MAAFF au Rwanda. Elle a vite compris qu’il faut faire partir de cette jeunesse active qui trouve des solutions et qui agit pour la promotion de l’Afrique. Nous sommes allés à la rencontre de RITA AMBEU, jeune réalisatrice et initiatrice du salon du cinéma au féminin.

Initiatrice du Salon du cinéma au féminin

Leblog :  Quels sont les 5 mots qui définissent RITA ?

Rita AMBEU : alors je dirai Détermination, Accomplissement, Bâtisseur oups Bâtisseuse (rire), Leadership et Aimante

Leblog : Comment avez-vous fait votre entrée dans le cinéma ?
Rita AMBEU : c’était en 2014, en Afrique du Sud, j’ai gagné un poste d’assistante de direction dans une maison de production. Mon patron travaillait à ce moment sur un projet de film destiné à Mzansi Magic, et je l’ai accompagné sur le plateau. À l’époque, cela ne me disait pas grand-chose, car je ne comprenais rien et l’envers du décor ne me plaisait pas. Mais des semaines plus tard, on m’a invitée à prévisualiser le film en question. J’ai été complètement éblouie de voir ce beau film, dont la réalisation me semblait bizarre sur le plateau de tournage. J’ai trouvé cela farfelu, car ce que j’avais vu sur le plateau était complètement différent de ce qui était à l’écran. À ce moment précis, je me suis dit : « Voilà ce que je veux faire. Fabriquer des films. »

Leblog : Quelles ont été les plus grandes difficultés que vous avez rencontrées en tant que femme entrepreneure dans le monde du cinéma ?
Rita AMBEU : En 2023, j’ai organisé une activité hors d’Abidjan précisément à Adzopé que j’ai nommé « ADZOPE fait son cinéma https://www.facebook.com/share/fWbiD77ub7MjtFmo/ J’avais tellement confiance en mon projet que je pensais ne rencontrer aucune difficulté et que tout le monde allait adhérer, étant donné que c’était une innovation. Cependant, je m’aventurais sur un nouveau terrain que je ne maîtrisais pas forcément. J’ai effectué plusieurs recherches de financement et j’ai pu obtenir un peu d’aide, mais j’avais seulement réussi à obtenir 5 % de mon budget, et mon équipe et moi avons rencontré beaucoup d’imprévus. Tout le monde voulait que je leur donne de l’argent alors que je n’avais rien. Nous avons eu des promesses, mais jusqu’à deux jours avant l’événement, nous n’avions pas encore reçu les moyens de le lancer. À ce moment-là, mon cœur battait à tout rompre. J’ai passé une nuit blanche, j’ai pleuré toutes les larmes de mon cœur et je me suis demandé pourquoi j’avais décidé de mener ce projet. Après cette nuit de tourments, j’ai pris la décision d’annuler. Alors que je préparais la lettre d’annulation, j’ai reçu un appel pour un financement. Nous étions tellement contents et, finalement, nous avons pu réaliser l’activité, qui a rencontré un grand succès auprès de notre public cible. J’ai appris avec cette expérience que même à la dernière seconde, Dieu peut faire des miracles.

Leblog : effectivement, les miracles existent. Apres cette expérience, quels conseils donneriez-vous à d’autres femmes qui souhaitent se lancer dans le cinéma ou dans l’entrepreneuriat en général ?
Rita AMBEU : Elles doivent être très fortes mentalement, bien entourées et surtout croire en Dieu. Il est essentiel d’être prêtes à faire des sacrifices pour elles-mêmes. Il leur faut également une source de motivation pour ne jamais baisser les bras. Avoir une vision claire de ce que l’on souhaite devenir à court et long terme est primordial. Définir ses objectifs sur papier et travailler dessus étape par étape est crucial. Et surtout, prier et croire en Dieu.

Leblog : nous savons aussi que vous avez créé votre propre société de production. Quels sont les projets sur lesquels vous travaillez actuellement ?
Rita AMBEU : Oui, j’ai une maison de production avec mon mari, Raymond AIKPE. Actuellement, nous avons plusieurs projets de séries, de courts-métrages et de longs-métrages en développement. Nous préparons également des web-émissions. En ce moment, je suis en pré-préparation d’un court-métrage que je vais réaliser avant la fin de l’année avec cinq talentueuses actrices ivoiriennes. Je prépare aussi un long-métrage en collaboration entre Golden Arrows Productions et Karas Accessoires pour 2025.

Leblog : Félicitation et bon vent pour la suite. Mais dites-nous, qu’est-ce que ça fait de travailler avec son mari ?

Rita AMBEU : C’est la rigueur, il veut toujours que je donne le meilleur de moi-même car selon lui, je peux mieux faire. Il est perfectionniste. Il ne veut pas de l’à peu près. Souvent ça me fatigue, je ne comprends pas tout de suite mais après lorsque ça marche, je lui donne raison. C’est mon booster. Il est mon conseiller. C’est un bon partenaire dans tous les sens du terme.

L’affiche de la 4e édition du Salon

Leblog : Parlons du salon du cinéma au féminin. À quel moment avez-vous pensé à cette idée et combien de temps vous a-t-il fallu pour la matérialiser ?
Rita AMBEU : Lorsque je suis arrivée à Abidjan, j’ai remarqué qu’il y avait certaines opportunités auxquelles j’avais accès en Afrique du Sud qui étaient quasiment inexistantes ici. Comme je suis quelqu’un qui n’aime pas se plaindre mais qui préfère proposer des solutions innovantes, je me suis dit : pourquoi ne pas mettre en place une plateforme qui pourrait non seulement m’aider à me créer un réseau, mais aussi créer un impact dans la carrière d’autres jeunes à la recherche des mêmes opportunités que moi ? Je me suis donc lancée, des personnes ont cru au projet et voilà que nous sommes à l’édition 4 du salon. C’est l’une de mes plus grandes fiertés.

Leblog : Il y a vraiment de quoi à être fière. Quelles sont les innovations pour cette 4e édition ?

Rita AMBEU : Nos innovations cette année sont que nous avons une marraine pour le concourt « Le Pitch o’ Féminin » qui est l’appel à projet court métrage fiction et documentaire destiné aux femmes cinéastes originaire ou résidents en Afrique. Ensuite cette édition se déroulera sur deux jours. Vous aurez deux films à voir en exclusivité, qui sont les films des lauréates des concours pitch au féminine. Nous avons ouvert aussi un temps de célébration des femmes du cinéma ivoirien à travers l’AIFCA, qui est l’Association Internationale des Femmes du Cinéma et de l’Audiovisuel. Nous avons donné l’opportunité à plusieurs jeunes d’exprimer leurs talents et de renforcer leurs capacités à travers du bénévolat. Et enfin nous avons aujourd’hui des ambassadrices dans plusieurs pays en Afrique et dans le monde.

Leblog : Comment choisissez-vous les thématiques à chaque édition ?
Rita AMBEU : Nous avons déjà choisi nos thématiques sur 10 éditions, mais chaque année, nous essayons de les améliorer en fonction des besoins qui se présentent. Nous effectuons également des études et des recherches.

Leblog : Êtes-vous satisfaite ? Quelles sont vos attentes ?
Rita AMBEU : Je suis heureuse de porter ce salon avec une équipe de jeunes aussi dynamiques et innovants. Nous souhaitons créer des emplois et donner la possibilité à des jeunes d’accéder à des formations de qualité. Nous souhaitons contribuer au développement du cinéma ivoirien et africains.

Leblog : Comment voyez-vous l’avenir du cinéma ivoirien, et quels changements espérez-vous voir dans l’industrie ?
Rita AMBEU : Je crois fortement en l’ambition de nos autorités pour le cinéma ivoirien, surtout dans la démarche de Madame la Ministre. Je souhaite voir plus de longs-métrages dans les salles de cinéma. J’espère également voir un véritable marché de consommation de films en Côte d’Ivoire.

RITA AMBEU

Leblog : Quel est votre mot d’ordre à l’endroit des femmes africaines ?
Rita AMBEU : Travaillons, croyons en nos capacités.

Leblog : Voilà qui est dit. Merci Rita AMBEU pour cet entretien. Bonne chance pour la suite de vos initiatives. Que le miracle divin continue d’opérer.

Rita AMBEU : Amen ! C’est à vous le merci. Merci de mettre en lumière les femmes africaines.

Tchewôlô, femme noire, femme africaine. Parlons d’elles !